Plusieurs variétés de pothos suspendues côte à côte, feuillage doré, marbré blanc, vert néon et argenté satiné, style aquarelle botanique
Plantes d'intérieur

Variétés de pothos : marbré, néon, satiné

Pothos marbré, néon, satiné, N'Joy : dix variétés comparées avec les prix relevés chez les revendeurs français, et la méthode pour ne plus confondre pothos et philodendron.

· Chloé Renard · 8 min de lecture

J’ai sept pothos chez moi et j’ai mis des années à réaliser que trois d’entre eux ne sont pas des pothos. L’un est un Scindapsus, l’autre un Epipremnum pinnatum, et le troisième, acheté en supermarché sous l’étiquette « pothos doré », est un philodendron. Personne ne m’avait rien dit.

Le rayon est un joyeux désordre, et ce n’est pas entièrement la faute des vendeurs. Le nom « pothos » vient d’une erreur de 1880 : Linden et André décrivent la plante à partir de jeunes pousses stériles et la rangent dans le genre Pothos. Elle passera ensuite chez Scindapsus en 1908 sous la plume d’Engler, chez Rhaphidophora en 1963 avec Birdsey, avant que Bunting ne fixe Epipremnum aureum en 1964, un an après la découverte des premiers pieds fleuris à Porto Rico et au Fairchild Tropical Garden. Le nom d’usage, lui, n’a jamais suivi.

Voici les dix variétés qu’on trouve vraiment chez les revendeurs français, avec les prix relevés, et la méthode en trois gestes pour arrêter de confondre un pothos avec un philodendron.

Noms communs
Pothos, lierre du diable, scindapsus doré
Nom latin
Epipremnum aureum (Linden & André) G.S. Bunting, 1964
Famille
Aracées
Origine
Mo'orea, îles de la Société, Polynésie française
Lumière
Vive indirecte à mi-ombre selon la panachure
Arrosage
Tous les 7 à 10 jours en saison, 10 à 15 jours l'hiver
Température
18 à 25 °C, croissance arrêtée sous 15 °C
Humidité
40 à 60 %
Toxicité
⚠️ Toxique (raphides d'oxalate de calcium) pour chats, chiens, enfants
Difficulté
★☆☆☆☆ pour les formes vertes, ★★★☆☆ pour les blanches

Les dix pothos qu’on trouve vraiment en France

1. Golden pothos, la référence

Vert marbré de jaune doré, croissance rapide, tolérance à peu près totale. Les feuilles font 10 à 50 cm selon les conditions, et peuvent atteindre 30 cm de large sur un sujet bien exposé. La Green Touch le vend 15 € en pot de 12 cm pour 20 cm de hauteur.

C’est celui qui pardonne le plus. Ma première plante d’intérieur, aussi, et je l’ai quand même noyée.

2. ‘Jade’, la forme verte

Vert uni, sans une trace de panachure. Personne ne l’achète et c’est dommage : sans zone dépigmentée, toute la feuille photosynthétise, ce qui en fait le pothos le plus rapide et le plus tolérant à la faible lumière. Il est vendu en générique dans les jardineries, rarement sous son nom, donc rarement chiffré à part.

3. ‘Marble Queen’, le marbré

Panachure blanc crème pulvérisée sur le vert, parfois majoritaire sur la feuille. La contrepartie est la lenteur : moins de chlorophylle, moins de croissance. Il lui faut une lumière franchement vive pour ne pas reverdir. Comptez 30 € en pot de 15 cm chez La Green Touch, soit le double du Golden pour un pot à peine plus grand.

4. ‘Neon’, le vert acide

Chartreuse uni, sans panachure, une couleur qui n’existe nulle part ailleurs dans un salon. Il éclaire les coins sombres sans exiger la lumière d’une panachée. Autour de 20 € en pot de 15 cm.

Je le trouve laid en photo et magnifique en vrai. Ça arrive.

5. ‘N’Joy’, le bicolore net

Feuilles plus petites et plus fines que le Golden, avec des plages blanches franches aux contours nets, sans dégradé. Port compact, adapté à une étagère étroite. Entre 8 € chez Mon Jungle et 16 € chez La Green Touch en pot de 12 cm.

6. ‘Manjula’, le tourbillon

Feuilles larges jusqu’à 15 cm, bords ondulés, panachure crème et blanche en tourbillons irréguliers. Aucune feuille ne ressemble à la suivante. Croissance lente, lumière vive obligatoire. Environ 10,50 € en petit format chez Mon Jungle, ce qui reste raisonnable pour une variété réputée rare.

7. Epipremnum pinnatum ‘Global Green’

Autre espèce, même rayon. La panachure est vert sur vert : centre clair, marge foncée, sans blanc ni jaune. Résultat, elle garde la vigueur d’une forme verte tout en ayant du motif. Brevetée sous le numéro PP33,530. On la trouve à 5 € chez PlantesRARES et 10 € en pot de 12 cm à la Tanière Végétale, à Sélestat.

C’est le meilleur rapport intérêt-prix de la liste.

8. Epipremnum pinnatum ‘Cebu Blue’

Feuilles lancéolées à reflet bleuté, très différentes du cœur habituel. Sa particularité arrive avec l’âge : sur un tuteur, en pleine lumière, elle finit par fendre ses feuilles comme un monstera. Peu de gens la mènent jusque-là. Environ 10 € la bouture chez Mon Jungle.

9. Scindapsus pictus ‘Argyraeus’, le satiné

Vert sapin mat, mouchetures argentées, texture veloutée au toucher. Ce n’est pas un Epipremnum et donc pas un pothos, malgré son nom commercial. Il pousse plus lentement, reste plus buissonnant, et supporte mal de sécher trop longtemps. Relevé à 20,99 € chez 123lesplantes et 25,69 € chez Studioplant en pot de 15 cm pour 40 cm de hauteur.

10. ‘Snow Queen’, le presque blanc

Encore moins de vert que le Marble Queen, parfois quelques taches seulement sur une feuille blanche. Croissance très lente, panachure instable dès que la lumière baisse. Je ne l’ai vu en France qu’en annonces d’occasion, sans référence en boutique. À réserver à une fenêtre est ou ouest bien dégagée.

Le tableau pour choisir d’un coup d’œil

VariétéAspectDifficultéLuminositéPrix relevé en France
GoldenVert marbré de jaune★☆☆Moyenne à vive15 € (pot 12 cm)
‘Jade’Vert uni★☆☆Faible à moyenneVendu en générique
’Marble Queen’Blanc crème dominant★★★Vive obligatoire30 € (pot 15 cm)
‘Neon’Chartreuse uni★☆☆Moyenne à vive20 € (pot 15 cm)
‘N’Joy’Plages blanches nettes★★☆Moyenne8 à 16 € (pot 12 cm)
‘Manjula’Tourbillons crème, bords ondulés★★★Vive10,50 € (petit format)
‘Global Green’Vert sur vert★☆☆Moyenne5 à 10 € (pot 12 cm)
‘Cebu Blue’Reflet bleuté, se fend avec l’âge★★☆Vive pour fenêtrer10 € (bouture)
Scindapsus ‘Argyraeus’Argenté velouté★★☆Vive pour l’argent20,99 à 25,69 €
‘Snow Queen’Blanc dominant★★★★Vive obligatoireOccasion seulement

Pothos ou philodendron : trois vérifications qui tranchent

C’est la confusion la plus répandue du rayon plantes vertes, et aucun article français que j’ai lu ne donne les critères qui marchent vraiment. Les deux plantes ont des feuilles en cœur, grimpent au tuteur, se bouturent dans un verre d’eau. Les distinguer prend dix secondes si on sait où regarder.

Le pétiole, d’abord. Passez un ongle le long de la tige qui porte la feuille. Chez le pothos, vous sentez une rainure longitudinale, et sur les sujets âgés deux bords bruns et papyracés sur les côtés. Chez le philodendron, c’est rond, lisse, uniforme. C’est le critère le plus fiable de tous.

La cataphylle, ensuite. Le philodendron protège chaque nouvelle feuille par une gaine brune et papyracée qui sèche puis tombe, en laissant une trace au nœud. Le pothos n’en produit aucune. Si vous voyez ces petites peaux mortes le long de la tige, c’est un philodendron.

La feuille, enfin. Posez-la à plat. La base d’une feuille de pothos est asymétrique, un côté du cœur plus étiré que l’autre, ce qui donne cette allure légèrement de travers. Chez le philodendron, les deux moitiés se répondent, avec une échancrure plus creusée à la base. La feuille de pothos est aussi plus épaisse et plus cireuse, avec une nervure centrale nettement enfoncée.

La règle : achetez ce que vous voyez, pas ce que dit l’étiquette. Un pothos vendu comme philodendron ne vous fera pas de mal, mais la confusion inverse compte : un philodendron tolère moins bien la faible lumière qu’un pothos, et vous lui reprocherez injustement de mal pousser dans le couloir.

Celles qu’on ne voit que sur Instagram

Trois variétés reviennent en boucle sur les comptes de plantes et restent introuvables chez les revendeurs français que j’ai passés en revue.

‘Glacier’, petites feuilles argentées ondulées à taches blanches aléatoires, ne se trouve que chez des pépinières américaines. ‘Hawaiian’, parfois vendu sous le nom ‘Jessenia’, une forme géante à panachure jaune citron, même constat. ‘Pearls and Jade’, feuilles gris-vert marbrées à bordure blanche, breveté par l’université de Floride sous le numéro PP21,217, circule aux États-Unis sans distributeur français identifié.

Ce n’est pas de la rareté botanique, c’est de la logistique. Ces cultivars sont brevetés et produits en Amérique du Nord, et leur importation en Europe reste marginale. Méfiez-vous des annonces qui les proposent à prix d’or : sur une jeune feuille, un ‘Glacier’ et un ‘N’Joy’ se ressemblent beaucoup.

L’entretien ne change pas d’une variété à l’autre

ParamètreBesoinNuance
Arrosage7 à 10 jours en saison10 à 15 jours d’octobre à février
Température18 à 25 °CCroissance à l’arrêt sous 15 °C, danger sous 10 à 13 °C
Humidité40 à 60 %Toléré plus sec, pointes brunes en dessous
RempotageTous les 2 à 3 ansPot 2 à 3 cm plus large seulement
Bouture10 à 15 cm, 2 à 3 nœudsRacines en 7 à 10 jours dans l’eau

Une seule variable bouge vraiment selon la variété : la lumière. Plus la feuille contient de blanc, plus il en faut. Le ‘Jade’ vert accepte un couloir, la ‘Snow Queen’ réclame une fenêtre.

Sur la bouture, la règle est la même partout. Une tige de 10 à 15 cm avec 3 ou 4 feuilles et au moins 2 nœuds, dans un verre d’eau, donne ses premières racines en 7 à 10 jours et un système complet en 3 à 4 semaines. Attendez 5 à 7 cm de racines avant de passer en terreau.

Par quoi commencer

Pour un premier pothos, le Golden à 15 € ou le ‘Global Green’ à 5 €. Le second est plus intéressant à regarder pour un tiers du prix, et personne ne comprend pourquoi il reste confidentiel.

Pour un coin sombre, le ‘Jade’ ou le ‘Neon’. Les deux gardent leur couleur sans lumière directe, ce que ne fera aucune panachée.

Pour un projet à long terme, le ‘Cebu Blue’ sur un tuteur mousse. Il faut de la patience, mais voir un pothos fendre ses feuilles compense largement.

Une fois la plante installée, tout se joue sur le drainage et la fréquence : le guide d’entretien du pothos détaille la méthode du doigt dans le substrat, et le guide de rempotage donne la marche à suivre quand les racines sortent du pot.

Questions fréquentes

Comment différencier un pothos d'un philodendron ?

Trois vérifications suffisent. Passez le doigt sur le pétiole : celui du pothos porte une rainure longitudinale, celui du philodendron est rond et lisse. Cherchez ensuite la gaine brune et papyracée au départ de chaque nouvelle feuille, appelée cataphylle : elle existe chez le philodendron, jamais chez le pothos. Regardez enfin la base de la feuille, asymétrique chez le pothos, régulière de part et d'autre de la nervure chez le philodendron.

Le Scindapsus pictus est-il un vrai pothos ?

Non, malgré son nom commercial de pothos satiné. Il appartient au genre Scindapsus, pas au genre Epipremnum. Ses feuilles sont plus épaisses, veloutées, et il ne développe jamais les grandes feuilles fenêtrées d'un Epipremnum adulte. Il pousse plus lentement, réclame davantage de lumière pour garder ses reflets argentés, et supporte moins bien d'attendre entre deux arrosages.

Quelle variété de pothos pousse le plus vite ?

Le Golden pothos, la forme dorée classique, et la forme verte 'Jade'. Toutes deux gardent une surface photosynthétique complète ou presque. Les panachées à dominante blanche, Marble Queen et surtout 'Snow Queen', poussent nettement plus lentement parce que les zones sans chlorophylle ne produisent rien. Comptez un arrosage tous les 7 à 10 jours au printemps pour soutenir une croissance rapide.

Combien coûte un pothos Marble Queen en France ?

Environ 30 € pour un pot de 15 cm de diamètre livré à 25 cm de hauteur chez La Green Touch. La forme dorée classique tourne autour de 15 € en pot de 12 cm, le 'Neon' autour de 20 €, le 'N'Joy' autour de 16 €. Les variétés à dominante blanche coûtent systématiquement plus cher parce qu'elles poussent moins vite en production.

Pourquoi mon pothos panaché redevient-il tout vert ?

Manque de lumière. Les zones blanches ou jaunes ne contiennent pas de chlorophylle : quand la lumière baisse, la plante privilégie le vert pour survivre. Rapprochez-la d'une fenêtre en lumière indirecte vive. Les feuilles déjà sorties ne changeront pas, mais les suivantes retrouveront leur panachure.

D'où vient le nom pothos alors que la plante s'appelle Epipremnum ?

D'une erreur de 1880. Linden et André décrivent la plante à partir de spécimens juvéniles stériles et la classent dans le genre Pothos. Engler la déplace vers Scindapsus en 1908, Birdsey vers Rhaphidophora en 1963, et Bunting fixe enfin Epipremnum aureum en 1964, après la découverte des premiers pieds fleuris en 1962. Le nom commercial, lui, n'a jamais bougé.

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Photo de Chloé Renard
Chloé Renard Lyon, France

Passionnée de plantes depuis 15 ans, je partage mes guides de soin depuis mon appartement lyonnais. Ancienne assistante vétérinaire, j'apporte un regard scientifique accessible à l'entretien du végétal.

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