Rosier grimpant palissé à l'horizontale sur un mur de pierre, fleurs abricot et crème, style aquarelle botanique
Plantes fleuries

Rosiers grimpants : les variétés vraiment sans entretien

Rosier grimpant : les variétés les plus résistantes au marsonia et à l'oïdium, le label ADR expliqué, et pourquoi le palissage remplace la moitié de la taille.

· Chloé Renard · 6 min de lecture

J’ai planté mon premier rosier grimpant contre le mur du garage, plein est, en me disant que ça ferait joli. Trois ans plus tard, je passais mes juillets à ramasser des feuilles jaunes tachées de noir au pied de la plante. Le rosier fleurissait quand même. Il avait juste l’air malade à partir de juin, chaque année, sans exception.

La variété n’était pas en cause, ou pas seulement. Je l’avais collée à cinq centimètres du mur, sur un treillis vissé à plat. L’air ne passait pas derrière le feuillage, qui restait humide deux jours après chaque averse. J’avais construit une couveuse à marsonia.

Il faut dire les choses franchement : le rosier grimpant sans entretien n’existe pas. Ce qui existe, ce sont des variétés qui se passent de traitement, et une manière de les installer qui divise le travail par trois. Les listes de « rosiers faciles » qu’on trouve un peu partout mélangent les deux et n’expliquent ni l’une ni l’autre.

Nom commun
Rosier grimpant, rosier sarmenteux, rosier liane
Nom latin
Rosa spp.
Famille
Rosacées
Hauteur
2 à 7 m selon la variété, jusqu'à 9 m pour les lianes
Exposition
Soleil, mi-ombre, nord possible pour quelques variétés
Distance au mur
20 cm entre le mur et le support
Maladies principales
Marsonia (taches noires), oïdium, rouille
Taille
Fin d'hiver pour les remontants, juillet pour les non remontants

Le label ADR, le seul repère chiffré du marché

Tous les catalogues promettent des rosiers résistants. Un seul organisme le vérifie sérieusement, et il est allemand.

L’ADR existe depuis 1950. Les rosiers candidats sont cultivés dans onze jardins d’essai répartis sur des climats différents, pendant au moins trois ans, sans le moindre pesticide. Un rosier qui se couvre de taches est éliminé. Sur plus de 1 700 variétés présentées depuis la création du label, 183 ont été retenues.

Une sur dix. Ce chiffre dit à quel point les rosiers réellement sains sont minoritaires, y compris parmi ceux qu’on nous vend comme tels.

La règle : sur une étiquette, cherchez le sigle ADR avant de lire la description. Un rosier non labellisé peut être excellent, beaucoup d’anciens le sont, mais aucune mention commerciale du type « résistant aux maladies » n’a de valeur vérifiable.

Les grimpants réputés peu sensibles aux maladies

VariétéHauteurCouleurRemontantRéputation sanitaire
’Ghislaine de Féligonde’3 à 4 mAbricot virant au crèmeOuiExcellente, citée contre le marsonia
’Leverkusen’3 à 4 mJaune citronOuiDécrit comme jamais malade
’New Dawn’4 à 5 mRose très pâleTrès remontantBonne
’Mme Alfred Carrière’4 à 5 mBlanc teinté de roseOuiBonne, peu exigeant
’Mermaid’jusqu’à 7 mJaune simpleOuiExcellente
’Pierre de Ronsard’2,5 à 3 mRose tendreTrès remontantBonne au marsonia
’Westerland’1,20 à 2,50 mJaune d’or à cuivréOuiLabellisé ADR

‘Ghislaine de Féligonde’ revient dans toutes les listes, et c’est mérité. Rosier ancien multiflore, il ouvre abricot et pâlit vers le crème, il est souvent encore fleuri en octobre, et il tolère des situations qui feraient renoncer n’importe quel hybride de thé. Si je ne devais en garder qu’un, ce serait celui-là.

‘Westerland’ a l’avantage du format. Entre 1,20 et 2,50 m, il tient sur un petit mur, une rambarde de balcon ou un obélisque, là où ‘Mermaid’ et ses 7 m demandent une façade entière. Son feuillage semi-persistant est peu sensible aux maladies et sa floraison jaune cuivré est parfumée, ce qui reste rare chez les résistants.

D’autres noms reviennent dans les listes de variétés peu sensibles au marsonia, sans toujours être des grimpants au sens strict. ‘Brocéliande’, ‘Robin Hood’, ‘Toby Tristam’ et ‘Marie Curie’ en font partie. ‘Toby Tristam’ est une liane qui grimpe très haut dans un arbre et ne fleurit qu’une fois : magnifique dans un vieux pommier, catastrophique sur une pergola de terrasse. Vérifiez toujours le port avant le nom, parce qu’un rosier vendu comme sain mais inadapté à votre support finira taillé n’importe comment, donc affaibli, donc malade.

Du côté des créations récentes, les Décorosiers Emera, Opalia et Vesuvia existent en version grimpante de 2 à 3 m. Ce sont des sélections pensées pour la robustesse et le peu de taille plutôt que pour le parfum, et elles conviennent bien à un grillage ou à une clôture mitoyenne qu’on regarde de loin.

Et un contre-exemple, parce que la liste inverse compte autant : ‘Mme Isaac Pereire’ a le plus beau parfum de tous les grimpants anciens, et elle est sensible à la rouille comme à l’oïdium. Si vous la plantez, vous savez à quoi vous vous engagez. Ce n’est pas un rosier de premier jardin.

Ombre, nord, mur froid : les cas difficiles

Beaucoup de murs disponibles chez les gens sont orientés au nord. La plupart des articles se contentent d’écrire que le rosier aime le soleil, ce qui n’aide personne.

‘Ghislaine de Féligonde’ accepte le nord et se contente d’y être un peu moins remontant, avec des vagues de floraison plus espacées. ‘Mme Alfred Carrière’ est l’autre grand classique des expositions ingrates, connu pour fleurir sur des murs où rien d’autre ne tient. ‘New Dawn’ et ‘Leverkusen’ se satisfont de la mi-ombre, ce dernier tolérant à peu près toutes les expositions.

‘Pierre de Ronsard’, lui, veut du soleil. Ses fleurs globuleuses rose tendre sont splendides et sa résistance au marsonia est correcte, mais un mur nord lui donne une silhouette dégarnie et une floraison chiche. Le parfum est par ailleurs quasi inexistant, ce qui surprend souvent à l’achat.

Le palissage horizontal remplace la moitié de la taille

Un rosier grimpant laissé vertical fleurit en haut et se dégarnit en bas. C’est la sève qui décide : dans une tige dressée, elle file vers l’extrémité et n’alimente que les derniers bourgeons.

Ramenez la même tige à l’horizontale et tous les bourgeons de sa longueur repartent. Vous obtenez une floraison sur trois mètres de tige au lieu de trente centimètres, sans avoir rien coupé. C’est le geste qui change le plus de choses sur cette plante, et il se fait au fil du fer, pas au sécateur.

Les 20 cm entre le mur et le support relèvent de la même logique pratique. L’air circule, le feuillage sèche en quelques heures après la pluie, et les spores de marsonia ne germent pas sur une feuille sèche. Cette distance vaut plus que n’importe quelle pulvérisation. Je l’ai apprise en démontant mon treillis raté.

Pour la coupe proprement dite, le calendrier tient en deux lignes. Un grimpant remontant se taille en fin d’hiver, avant le départ de végétation. Un non remontant se taille en juillet, juste après sa floraison unique, parce qu’il fleurira l’an prochain sur le bois formé cet été.

Par quoi commencer chez vous

Mesurez la surface avant de choisir la variété. Un mur de garage de 2,50 m de haut appelle un ‘Westerland’ ou un ‘Pierre de Ronsard’, pas un ‘Mermaid’ qui montera à 7 m et retombera lamentablement.

Regardez ensuite l’exposition à midi en juin. Moins de trois ou quatre heures de soleil direct, orientez-vous vers ‘Ghislaine de Féligonde’ ou ‘Mme Alfred Carrière’. Plein sud avec réverbération, prenez un grimpant vigoureux et arrosez copieusement les deux premiers étés.

Posez le support avant de planter, avec ses 20 cm de recul. Une fois le rosier en terre, visser dans un mur derrière des branches épineuses devient une épreuve, et j’ai les cicatrices pour le prouver.

Enfin, si votre espace se réduit à une terrasse, un grimpant en pot reste possible mais difficile. Les rosiers miniatures en pot donnent un résultat plus fiable pour un volume de substrat limité.

Questions fréquentes

Existe-t-il un rosier grimpant vraiment sans entretien ?

Non, et méfiez-vous de qui l'affirme. Tout rosier grimpant demande au minimum un palissage annuel et le retrait du bois mort. En revanche, certaines variétés se passent totalement de traitement fongicide : c'est ce que garantit le label allemand ADR, décerné après au moins trois ans de culture sans aucun pesticide. Comptez une intervention par an et vous aurez fait le tour.

Qu'est-ce que le label ADR pour un rosier ?

L'ADR est un label allemand créé en 1950 qui teste les rosiers dans onze jardins d'essai répartis sur des climats différents. Le rosier doit rester en parfaite santé après au moins trois ans de culture sans pesticide. Sur plus de 1 700 variétés soumises, 183 seulement ont obtenu le label, soit environ une sur dix. C'est le filtre le plus fiable pour acheter sans se tromper.

Quel rosier grimpant planter à l'ombre ou au nord ?

'Ghislaine de Féligonde' est le meilleur candidat : ce grimpant de 3 à 4 m accepte l'exposition nord, où il fleurit simplement un peu moins souvent. 'Mme Alfred Carrière' supporte aussi le nord et monte à 4 ou 5 m. 'New Dawn' et 'Leverkusen' se contentent de la mi-ombre. À l'inverse, 'Pierre de Ronsard' déteste l'ombre : ne le collez pas sur un mur sombre.

Quelles variétés de rosiers grimpants résistent au marsonia ?

Le marsonia, ou maladie des taches noires, est le premier ennemi du rosier en climat humide. Parmi les variétés réputées peu sensibles figurent 'Ghislaine de Féligonde', 'Pierre de Ronsard', 'Brocéliande', 'Toby Tristam' et 'Robin Hood'. 'Leverkusen', grimpant jaune de 3 à 4 m, est décrit comme jamais malade quelle que soit l'exposition.

Faut-il tailler un rosier grimpant tous les ans ?

Beaucoup moins qu'un rosier buisson. Un grimpant remontant se taille en fin d'hiver, un non remontant en juillet après sa floraison. Dans les deux cas, le travail principal est le palissage : ramener les tiges à l'horizontale déclenche la floraison sur toute leur longueur, ce qui remplace une bonne partie de la coupe.

Quelle distance laisser entre le mur et le rosier grimpant ?

Comptez 20 cm entre le mur et le support de palissage. Cet espace laisse l'air circuler autour du feuillage, et c'est la mesure anti-maladie la plus efficace qui soit : un feuillage qui sèche vite après la pluie attrape beaucoup moins de taches noires. Un rosier plaqué contre la pierre reste humide et développe l'oïdium.

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Photo de Chloé Renard
Chloé Renard Lyon, France

Passionnée de plantes depuis 15 ans, je partage mes guides de soin depuis mon appartement lyonnais. Ancienne assistante vétérinaire, j'apporte un regard scientifique accessible à l'entretien du végétal.

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